Vase de fleurs


1983

Eau-forte sur cuivre

Cuivre : 248 x 170 mm ; épreuve : 330 x 505 mm

Tirage numéroté sur 100 exemplaires, réalisé par l’atelier René Tazé pour le compte de O.G.C. Michèle Broutta, Paris



Un bouquet est placé dans un verre sur un rebord de pierre. Ce rebord donne sur un paysage inhabité s’étendant jusqu’à l’horizon. Les arbres qui s’amenuisent donnent la mesure de l’espace. Dans l’angle inférieur droit, on discerne une falaise, suivie de collines s’estompant en une plaine prolongée par la mer. Un ciel vaporeux occupe la majorité de l’arrière-plan. Il est habité par une lumière surnaturelle. Cette gravure offre une double vision où le très proche côtoie l’infini. On voit en détail les plantes qui constituent ce bouquet et on discerne en même temps l’ébauche des arbres disséminés dans le lointain. Cette absence de transition est déstabilisante. Velly a opéré ce changement d’échelle si caractéristique de son travail.  On retrouvera une composition similaire dans Le rat mort (1986), ou L’Ombre, la lumière (1990).


Il ne s’agit pas de fleurs fraîchement coupées. D’ailleurs, à y bien regarder, ce vase ne contient presque aucune fleur. Orties, ronces, graminées, baies vénéneuses, ce bouquet est composé de mauvaises herbes, de spontanées qui ont élu domicile sur les bords de route, fruit des promenades de l’artiste dans la campagne romaine. Certaines sont fanées, d’autres ont depuis bien longtemps dépassé le stade de la floraison et offrent au spectateur leurs fruits ou leurs graines prêtes à s’envoler.


Ces « mauvaises herbes » placées dans un vase acquièrent un caractère exceptionnel. La dentelure des feuilles d’orties prend du relief, exaltée par la lumière du soleil ; les herbes se penchent avec élégance dans le vide et les baies deviennent des constellations. Grâce à cette mise en valeur de l’ordinaire, Velly dévoile la beauté là où on ne l’attend pas. Le changement d’échelle optique conduit au changement d’échelle de valeur. Les spontanées sont comparables aux orchidées, aux tulipes ou aux pivoines : il suffit de prendre le temps de les regarder. Comme pour souligner ce message, le soleil placé derrière le vase le nimbe de lumière et auréole les plantes. Les oubliés, les parents pauvres retrouvent leur dignité perdue.

Lors d’un entretien avec Michel Random, Jean-Pierre Velly dit : « la prochaine fois que je dois offrir un bouquet de fleurs à une femme que j’aime, je lui offrirai des orties ! Parce que personne ne les regarde les orties ! […]mais un beau bouquet d’orties  si on se met à le regarder, c’est pas mal ! »


Cette idée de la transfiguration des rebuts a été développée dans une série d’aquarelles intitulée Bestiaire Perdu réalisée entre 1978 et 1980. Les insectes, les rats, les chauve-souris et les chouettes en sont les protagonistes. La beauté de l’exécution, l’infinie tendresse qui transparaît dans le dessin, les présente sous un autre jour.


Cette planche a été éditée par la galerie Michèle Broutta en 1983. Velly avait déjà proposé une version gravée de ce thème en 1971 avec Fleurs, mais aussi dans une planche inédite dont on a récemment retrouvé la matrice qui daterait du début des années 70.


Les vases de fleurs sont un sujet de prédilection de l’artiste. Au cours des années 80, Jean-Pierre Velly réalisera plus d’une trentaine d’aquarelles et d’huiles sur ce thème.





Vase de fleurs

1983

Matrice: 248 x 17 mm

Acquaforte su rame

Tirata in 100 esemplari


Un mazzo di “fiori” è stato sistemato in un bicchiere, su una balaustra di pietra affacciata su un paesaggio disabitato che si estende fino all’orizzonte. Gli alberi che si assottigliano ci danno la percezione dello spazio. Nell’angolo inferiore destro si distingue una scogliera, seguita da colline sfumanti in una pianura che si prolunga nel mare. Un cielo vaporoso occupa la maggior parte dello sfondo, ove dimora una luce soprannaturale. Questa incisione offre una duplice visione, nella quale il vicinissimo si affianca all’infinito. Si vedono in dettaglio le essenze che costituiscono il mazzo e si distingue nel contempo l’abbozzo degli alberi disseminati in lontananza. Questa mancanza di transizione è destabilizzante. Velly ha operato un cambiamento di scala dimensionale pienamente caratteristico del suo lavoro. Ritroveremo una composizione simile in Le rat mort (1986) o ancora in L’Ombre, la lumière (1990). Non si tratta di fiori recisi di fresco. D’altro canto, a ben guardare, questo vaso non contiene quasi per niente dei fiori. Ortiche, rovi, graminacee, bacche velenose; è un mazzo composto da erbacce, erbe spontanee che hanno eletto il proprio domicilio ai bordi della strada, frutto delle passeggiate dell’artista nella campagna romana. Certe sono appassite, altre hanno superato già da un bel po’ la fase della fioritura e offrono allo spettatore i loro frutti gonfi di semi pronti a levarsi in volo.

Queste «erbacce» sistemate in un vaso acquistano un carattere eccezionale. La dentellatura delle foglie d’ortica prende rilievo, esaltata dalla luce del sole; le erbe pendono con eleganza nel vuoto e le bacche diventano quasi costellazioni. Grazie a questa rivalutazione dell’ordinario, Velly svela la bellezza là dove non ce l’aspettiamo. Il cambiamento di scala ottica conduce al cambiamento della scala dei valori. Le erbe spontanee sono paragonabili alle orchidee, ai tulipani o alle peonie: basta concedersi il tempo di contemplarle. Come a voler sottolineare questo messaggio, il sole piazzato proprio dietro al vaso lo avvolge in un nimbo di luce e aureola le piante. I dimenticati, i parenti poveri ritrovano la loro dignità perduta.

Durante un’intervista con Michel Random, Jean-Pierre Velly disse: «la prossima volta che dovrò offrire un mazzo di fiori ad una donna che amo, le offrirò delle ortiche! Perché nessuno osserva le ortiche! […] ma un bel mazzo di ortiche, se ci si mette a guardarlo, non è poi male!»

Quest’ idea della trasfigurazione dei rifiuti è stata sviluppata in una serie di acquarelli intitolata Bestiaire Perdu, realizzata fra il 1978 e il 1980. Gli insetti, i topi, il pipistrello e le civette ne sono i protagonisti. La bellezza dell’esecuzione, l’infinita tenerezza che traspare dal disegno, li presentano sotto una nuova luce.

Questa incisione è stata stampata per la galleria Michèle Broutta nel 1983. Velly aveva già proposto una versione incisa dello stesso tema nel 1971 con Fleurs, ma anche in un’altra incisione inedita di cui è stata ritrovata di recente la matrice, che sembrerebbe databile ai primi degli anni settanta.

I vasi di fiori sono un soggetto prediletto dell’artista. Nel corso degli anni ottanta Jean-Pierre Velly realizzerà più di una trentina di acquerelli e oli su questo tema.



 

Vase de Fleurs     1983           n°82

Titre                          Vase de Fleurs


Autres titres                 Vase de Fleurs  II


N° du catalogue               DH 0082VG


Année de création        1983   (1974 selon Appella)


Technique                Eau-forte sur cuivre sur chine appliqué


Mesures de la matrice    248 x 170 mm


Nombre d'états       Inconnu


Tirage                       100 exemplaires numérotés en chiffre arabe + 20 épreuves d'artiste,

                                        numérotées en chiffre romain


Remarques                Editions OGC Paris, à l’occasion de l’exposition de 1983, tirage Atelier Tazé


Bibliographie                Appella, n°71, 2002. Pas dans Bodart